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Copié-collé karmapolis

 
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Heero Otegawa
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MessagePosté le: Mer 27 Oct - 14:03 (2010)    Sujet du message: Copié-collé karmapolis Répondre en citant

L'Ayahuasca, le serpent et moi
Un documentaire coincé entre censure, tracasseries juridiques
et dérives anti-sectaires.
 
 

La censure préalable frappe de suspension un documentaire, une astuce juridique qui est de plus en plus utilisée lorsqu'un reportage ne plaît pas à tout le monde. Résultat, les diffuseurs, menacés de possibles dommages et intérêts au fond et de tracasseries devant les tribunaux des référés préfèrent ne pas diffuser plutôt que de risquer des poursuites.
Ainsi, depuis plusieurs mois, un passionnant documentaire sur l'ayahuasca se voit "suspendu de diffusion" suite à des pressions et des démarches devant des tribunaux entamées par un citoyen français. Celui-ci s'est porté partie civile et estime que l'Ayahuasca est un produit stupéfiant dangereux et que par conséquent toute démarche thérapeutique ou recherches sur la fameuse plante hallucinogène est caduque et répréhensible. Les documentaires sur l'Ayahuasca mais aussi sur les rituels chamaniques sont choses rares, principalement dans le paysage audiovisuel francophone. Mis à part un film produit à la fin des années 90, "Amazonies plurielles" de la réalisatrice Anne Remiche, à notre connaissance, aucune équipe journalistique ne s'était aventurée sur le terrain méconnu et aujourd'hui de toute évidence fangeux, de l'utilisation des plantes sacrées à des fins thérapeutiques.

Produit par Artline et prévu au départ pour être diffusé sur France 5, "l'Ayahuasca, le serpent et moi"; écrit et réalisé par Armand Bernardi -un journaliste et producteur français- ressemble à une sorte de road movie spirituel dans lequel la caméra se focalise sur le parcours d'un jeune occidental en difficulté existentielle venu chercher au Pérou dans les tribus utilisant le breuvage sacré des réponses ou à tout le moins un coup de pouce à sa démarche psychothérapeutique. C'est ainsi que le jeune homme démarre son périple initiatique à Takiwasi, un centre d'accueil pour toxicomanes; principalement des cocaïnomanes, des fumeurs de crack, de pasta (pâtes de cocaïne brute très toxique) et de basuco (cocaïne base obtenue avec de l'ammoniaque). Cette initiative d'accueil assez exotique et inhabituelle pour toxicomanes semble avoir fait ses preuves et est encadrée par un médecin spécialiste des maladies tropicales, le Dr Jacques Mabit. Jusqu'en 1995, elle fut surtout surveillée de près et a été soutenue par le service culturel et de coopération scientifique et technique de l'Ambassade de France au Pérou ainsi que le gouvernement central à Paris, sans doute histoire de voir si l'équipe de Dr Mabit n'isolerait pas une méthode révolutionnaire de prise en charge des dépendances aux drogues.

 

Revenons au documentaire : de rituels en rituels, notre "héros" poursuit scrupuleusement sa démarche et les étapes de jeun, d'isolement en jungle qui lui sont proposées et quitte Takiwasi pour se plonger dans d'autres rituels, l'un en pleine jungle dans une tribu amazonienne, l'autre chez un vieux guérisseur installé en zone urbaine dans une banlieue miteuse. Quant aux conclusions de ce périple et à ce que l'Ayahuasca apporta au jeune homme, autant vous inciter à regarder le document et à juger "sur pièce". Un seul indice toutefois: les réponses ne sont jamais simples.
Ce documentaire a d'autre mérites que le simple témoignage subjectif : il s'arrête sur le vécu d'autres personnages, un toxicomane occidental en cure, un ancien dealer narcotrafiquant et consommateur de nationalité colombienne ou péruvienne, un chaman, mais aussi plus étonnant encore, un père jésuite qui consomme régulièrement la plante et qui semble avoir réussi à l'instar de l'église du Santo Daime à générer son propre syncrétisme spirituel, mélangeant les traditions chrétiennes à l'univers complexe et animiste (à savoir chargé en "esprits") porté par l'Ayahuasca. Sa vision de la boisson rituelle est subtile, inattendue et intelligente mais là également, autant que vous regardiez le film. On nous montre aussi l'émergence d'un stupide et pitoyable "chamanic business" où des Tours Operators ayant bien senti le vent proposent aux touristes en mal de pseudo sensations fortes de voir "de vrais indiens" et de boire, certes à petites doses, un verre d'ayahuasca vautré sous une paillote en plein après-midi, l'appareil de photo en bandoulière. Des excursions qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux treks proposés dans les montagnes du Triangle d'or où l'on invite les touristes curieux à fumer des pipes d'opium avec les tribus montagnardes locales. Du narco tourisme d'une tristesse affligeante. C'est précisément là le point d'achoppement, la zone de tous les dangers : le jour où l'Ayahuasca sortira de son espace ritualisé et sacré, le moment où des personnages peu recommandables pourraient s'en servir à des fins purement lucratives ou de dominations spirituelles, bref à des fins sectaires. Connaissant les effets de l'Ayahuasca, les touristes qui prendraient de fortes doses dans de tels contextes non correctement encadrés pourraient y laisser des plumes. Car tout est possible. Et je dois avouer que le culte du Santo Daime par exemple, s'il est récupéré par les esprits malveillants pourrait admirablement servir ce propos. Mais à ma connaissance, ce ne fut pas le cas et cela ne l'est pas aujourd'hui.

On peut donc comprendre que le phénomène Ayahuasca inquiète, laisse perplexe, voire insupporte... Mais de là à faire des pressions pour interdire la diffusion d'un documentaire parlant du sujet; il y a une attitude, un lobbying qui semblent peu appropriés, une réaction de censure qui paraît totalement inadaptée et démesurée. Les travaux du Dr Mabit mais également des autres centres de recherches aux Etats-Unis et aux Pays-Bas (voir notre article sur l'ayahuasca) n'ont pas grand rapport avec une dérive sectaire. On peut juste dire que les recherches du médecin français ou du professeur Kaplan, un chercheur hollandais -outre l'aspect pharmacologique, celui de l'étude des psychotropes hallucinogènes- tentent de réconcilier deux aspects jusqu'à présent inconciliables : la médecine "classique" où l'art de guérir se confond avec l'étude rationnelle, clinique des effets des substances médicinales d'une part, la recherche de notre partie spirituelle, de notre double "immatériel" et infiniment complexe sur lequel Karl Gustav Jung était l'un des premiers à mettre le doigt.

Mabit et les autres chercheurs veulent mettre en évidence le fait que le métabolisme humain ne se limite pas à un mode de fonctionnement mécaniste, prédictif à l'instar d'une machine dépourvue de software. Ils tentent de mettre en oeuvre des pratiques apparemment "irrationnelles" et rituelles dans lesquelles le chaman utilise des substances hallucinogènes et du tabac qui servent à la fois de méthode de diagnostic et de remède. Ces praticiens se rendent compte que dans bien des cas, "cela marche", le processus de guérison se met en route, mais ignorent encore aujourd'hui pourquoi et comment cela fonctionne. On est donc loin des pratiques sectaires ou de l'usage en groupe et répréhensibles d'un produit narcotique provoquant une assuétude.

Ce n'est qu'à la fin des années 60 que l'on a commencé à s'intéresser aux états modifiés de conscience de façon autre que s'il s'agissait de simples troubles mentaux. Ce champ d'étude était surtout l'apanage de la recherche militaire et des services de renseignements qui désiraient mettre au point une psychologie comportementaliste dans laquelle l'influence du comportement et de la conscience constituaient le Graal sacré. Par la suite, une partie plus marginale de la psychologie s'est émancipé de sa part clinique et a tenté de considérer d'un autre oeil l'âme humaine et l'existence d'un monde spirituel. Bref, de voir l'homme de façon plus globale dans son contexte culturel et social et non pas détaché de tout, isolé comme un rat de laboratoire. C'est dans cette optique qu'il faut situer le champ d'investigation du Dr Mabit au Pérou.

Et pourtant, un père de famille de Tarbes, Mr R. de nationalité française, apparemment bien introduit dans les milieux anti-secte a décidé d'empêcher la diffusion du documentaire au motif qu'il ferait l'apologie d'une substance stupéfiante reprise au tableaux des produits interdits au même titre que l'héroïne, la cocaïne, l'Extasy ou le LSD. L'intéressé attaquera par ailleurs le Dr Mabit du chef d'association de malfaiteurs et d'escroquerie sous fond de dérive sectaire. Il est difficile de comprendre l'acharnement de l'intéressé contre le centre Takiwasi mais aussi contre le documentaire si ce n'est la peur et sans doute une manque de connaissances du sujet s'accompagnant des classiques préjugés que l'on peut avoir sur les substances hallucinogènes.
Jusqu'à présent, les poursuites exercées par M. R à titre de partie civile se seraient soldées par un non lieu selon les dernières nouvelles que nous a rapportées Armand Bernardi, le réalisateur du film. Et ce d'autant plus qu'à notre connaissance, depuis les nombreuses années que le centre Takiwasi existe, il n'y a jamais eu d'accidents ou de dérapages. La justice française, grâce ou à cause de cette affaire se voit dans l'obligation d'examiner sous un angle juridique les recherches et l'usage que l'on pourrait faire d'une substance hallucinogène dans un but thérapeutique.

 Et donc, de percevoir à terme, le fait que certains de ces psychotropes peuvent être considérés non comme des drogues "récréatives", dangereuses, provoquant une dépendance, mais plutôt comme des catalyseurs pouvant faciliter l'introspection ou pourquoi pas la guérison spirituelle. Car la justice devra bien un jour s'adapter aux dernières tendances de la recherche en la matière: de Berkeley à New York en passant par Takiwasi ou Amsterdam, les médecins, neuropsychiatres et pharmacologues sont de plus en plus nombreux à se pencher sur les effets quantifiables sur le métabolisme humain mais aussi sur le non mesurable, le subjectif, que ces mêmes substances peuvent avoir sur le processus de maturation spirituel de leurs patients.
Pour des raisons que l'on ignore encore, l'Iboga, une substance utilisée dans les rituels en Afrique de l'Ouest a des effets quasi-miraculeux sur le sevrage on ne peut plus douloureux aux opiacés. Quant à l'Ayahuasca, les chercheurs tentent de concilier les impératifs matériels, éthiques et cliniques d'une démarche scientifique "occidentale" avec le mode de fonctionnement "spiritualiste", quasi magique des rituels relatifs à la médecine traditionnelle des chamans du bassin amazonien.
 
L'on en est encore aux débuts de l'aventure, à la phase d'apprentissage, de prise de connaissance et de mise au point et ce serait inepte d'empêcher la poursuite de ces recherches parce qu'il y aurait des risques et la peur, sans doute compréhensible mais mal dirigée, de dérives sectaires. L'irruption du chamanisme dans nos sociétés n'est pas un phénomène hérétique, incongru ou ridicule, il s'agit tout au plus d'un retour aux sources, d'un besoin de syncrétisme qui par les temps qui courent, à une époque où le radicalisme et le fondamentalisme veulent à tout prix faire recette, ne peut être que salutaire et rafraîchissant. A partir du moment, bien entendu, où l'on ne devient pas un fondamentaliste de l'Ayahuasca et que l'on pense avec une foi inébranlable y trouver la réponse à toute chose.
Karma One


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MessagePosté le: Mer 27 Oct - 14:03 (2010)    Sujet du message: Publicité

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