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Karmapolis ayahuasca 2

 
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Heero Otegawa
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MessagePosté le: Mer 27 Oct - 14:05 (2010)    Sujet du message: Karmapolis ayahuasca 2 Répondre en citant

L'Ayahuasca est un breuvage hallucinogène très puissant utilisé aussi bien par les shamans du bassin amazonien que par des thérapeutes nouvelle vague, des réalisateurs de cinéma comme Jan Koenen (auteur du film Blueberry) et des jeunes « intellectuels » de la bourgeoisie bohème. Au delà du phénomène de mode, nous sommes en présence d'un psychotrope extrêmement troublant et mystérieux qui a suscité autant de débats que le Peyolt façon Castaneda ou le LSD façon Leary. Des débats dans lesquels la science vient parfois au secours du « surnaturel ».

Quand on parle LSD, mescaline, Ayahuasca, psychédélisme, les gens frémissent de crainte ou de dégoût. Pour la plupart d'entre nous, les substances hallucinogènes naturelles ou synthétiques sont vaguement connotées négativement : un parfum d'illégalité, de débauche, de criminalité, de déchéance, de folie et de dérives psychiatriques émanent de ces univers narcotico-onirique. Ce n'est que récemment, avec une « nouvelle » anthropologie, avec le regard envieux des trusts pharmaceutiques sur la richesse des plantes magiques des forêts pluviales et certaines révélations sur le passé de certains services secrets que l'on s'est aperçu que les hallucinogènes étaient avant tout un instrument de pouvoir. Pouvoir de manipulation des esprits, pouvoir hypnotique, pouvoir financier, pouvoir curatif, pouvoir de divination, pouvoir religieux, pouvoir symbolique, que cela soit le LSD, l'Ayahuasca ou encore la Mescaline, toutes ces substances cachent dans les intimes replis de leur richesses en alcaloïdes de véritables puissances, des univers insoupçonnés, des dangers et des merveilles sans nom et sans nombre que cette série d'articles va tenter d'approcher. Nous pourrions vous dire qu'à Karmapolis, nous avons expérimenté il y a déjà un certain temps certains aspects de certaines de ces substances. Nous pourrions dire que nous en parlons en connaissance de cause. Mais cela pourrait nous desservir car il n'y aurait qu'un pas à franchir pour nous cataloguer comme des doux dingues, aventuriers à la petite semaine, drogués de pacotille aux mobiles peu clairs alors que nous voulions simplement comprendre de quoi il en retournait. C'est certes une « révélation », un « outing » anecdotique et par simple honnêteté, nous préférons ne pas « taire » nos incursions menés en territoires hallucinogènes, incursions motivées par une insatiable curiosité et qui se sont soldées par bien plus de questions à l'arrivée qu'au départ. C'est pourquoi, nous préférerons céder la parole à d'autres, aux spécialistes, témoins, chimistes, anthropologues, toxicomanes qui ont flirté avec les paradis des plantes sacrées.

Ce premier volet est consacré à l'Ayahuasca ou encore Yage (et bien d'autres noms Jurema, Daime etc… au gré des ethnies amazoniennes), une très étrange substance, sans doute un des hallucinogènes les plus puissants (avec l'Iboga d'Afrique de l'Ouest que nous évoquerons aussi dans ce premier volet mais très brièvement) tiré d'un mélange de feuilles et de lianes, un cocktail végétal différemment dosé selon les ethnies que l'on trouve depuis le bassin amazonien jusqu'en Amérique centrale. On peut même dire qu'il y a autant d'Ayahuasca qu'il y a de tribus, chaque clan ayant sa petite recette, son propre rituel. Certaines tribus prennent l'Ayahuasca seule ou combinée avec du tabac ou du cannabis (appelé Santa Maria) pour potentialiser les effets. Quant au tabac, il ne s'agit pas de la variété industrielle mais bien de feuilles de tabac sauvage que l'on trouve dans la jungle, possédant des concentrations massives en nicotine et autres alcaloïdes, un tabac qui aurait de véritables effets stimulants, psychoactifs voire légèrement hallucinogènes.

Pour parler en termes de nomenclatures chimiques, les principes actifs de l'Ayahuasca sont surtout le DMT ou N-diméthiltryptamine ainsi que l'harmaline. Le DMT, présent presque naturellement dans le cerveau en tant qu'hormone cérébrale a une structure chimique très proche de la sérotonine (« molécule » que l'on trouve dans le cerveau, responsable du « plaisir » avec d'autres hormones comme la dopamine ou l'endorphine) et de la psilocybine. D'ailleurs, les quelques rares travaux (hormis ceux opérés par les militaires) effectués sur la nature des hallucinogènes ont ainsi établi une classification entre hallucinogènes comme le sont le DMT ou la psilocybine et les pseudo-hallucinogènes comme le LSD et ses dérivés entièrement synthétiques. Cette classification est opérante tant parce que la structure « géométrique » de la molécule LSD est éloignée de la structure de la sérotonine et des hormones naturelles que l'on trouve dans le cerveau de l'homme tandis que la structure du DMT mime quasiment l'aspect de la sérotonine. D'autre part, « les personnes sous influence du LSD savent presque invariablement que les distorsions visuelles et les cascades de points ou de couleurs qu'ils perçoivent ne sont pas réelles mais dues à un agent psychédélique . Dans ce sens, le LSD est un pseudo-hallucinogène » nous précise dans son livre "le Serpent Cosmique" Jeremy Narby , anthropologue d'origine canadienne installé dans le Jura Suisse et dont nous parlerons abondamment. Tandis que la nature des hallucinations provoquées par des substances naturelles ou comparables aux hormones cérébrales sont toute autre, souligne encore le chercheur. On ne parle plus d'hallucinations mais de visions. Nous en reparlerons plus loin avec les témoignages de certains utilisateurs et shamans… Vous comprendrez alors la différence.

Jeremy Narby  
La combinaison « magique »

C'est en fait la combinaison du DMT et de l'Harmaline, donc le mélange entre des extraits des lianes porteuses du DMT (Pychotria Viridis) et de feuilles d'un autre arbre (Banisteriopsis Caapi ) porteuse de l'Harmaline qui provoque l'effet hallucinogène longue durée. Le DMT issu des lianes seules cause des hallucinations très brèves et très puissantes (bien souvent, on voit des serpents) que le métabolisme annihile après une dizaine de minutes en détruisant les molécules de DMT par des enzymes naturellement secrété par l'estomac. L'Harmaline qui a un effet dopant a pour étrange propriété de faire cesser la production de ces enzymes "mangeurs" de DMT. Par conséquent, grâce aux feuilles de Banisteriopsis Caapi, le DMT contenu dans ces lianes peut jouer pleinement son effet au long cours (entre 3h et 8h selon la dose). Cette fameuse combinaison des deux plantes qui permet d'obtenir un des breuvages les plus riches et puissants de la planète en alcaloïdes divers, cette combinaison donc était-elle alors l'effet du hasard ou comme le soupçonnent certains anthropologues « nouvelle vague », le fruit d'un savoir et d'un pouvoir shamanique des indiens que les outils scientifiques traditionnels ont bien du mal à expliquer ? Les Indiens affirment que c'est l'Ayahuasca qui leur a appris comment doser et préparer au mieux la boisson sacrée ainsi que toutes les autres médecines. Il n'y aurait aucune place au hasard dans cette affaire ou à d'aléatoires expérimentations. Les Indiens savent ce qu'ils font. On peut même aller plus loin en se disant que la plupart des populations indigènes à culture shamanique vivant en forêt pluviale sont capables grâce au Yage et au tabac de « lire » dans la forêt à livre ouvert, de comprendre les plantes et d'en tirer le maximum de leur potentiel curatif, nourricier, vestimentaire et architectural. Une thèse qui est devenue à ce point à la mode que de puissantes firmes pharmaceutiques ont envoyé des bataillons d'ethno-botanistes et ethno-pharmacologues (une discipline créé pour la circonstance) pour piller le savoir pharmacologique des indiens du bassin amazonien (ou de certaines tribus dans les jungles de Bornéo). Les trusts pharmaceutiques se fichaient comme d'une guigne de savoir comment les Indiens Ayahuasqueros connaissaient avec certitude les vertus de telle ou telle plante contre la migraine, le paludisme, comme agent antibactérien ou comme désinfectant. Ils se bornaient à constater que les Indiens ne se trompaient pas tout en ramenant en Suisse, aux Etats-Unis ou en Allemagne des échantillons des plantes qu'ils testaient aussitôt pour ensuite les breveter, pillant sans vergogne le patrimoine de ces tribus et allant jusqu'à imaginer qu'ils pourraient un jour contraindre les Indiens à leur verser des royalties à chaque fois que leur chaman utiliserait telle ou telle plante comme remède parce que cette dernière était breveté. Ce n'est pas une farce, cela s'est passé avec la boisson Ayahuasca elle-même, une vraie histoire de rapacité dont nous vous parlerons plus loin. Mais pour en revenir à ce pouvoir des Indiens à lire à livre ouvert dans la forêt, Jeremy Narby a tenté de l'expliquer dans une incroyable thèse qui a constitué un véritable Best Seller, « Le Serpent Cosmique ». Dans cet ouvrage, Narby essaie de montrer d'où les Indiens et plus particulièrement, les shamans du bassin amazonien tiraient ce pouvoir de lecture de la nature. Tout simplement de l'ingestion de l'Ayahuasca. Il s'agit donc du premier pouvoir de la plante, le pouvoir de lecture et de diagnostic, bref un pouvoir de guérison, un pouvoir de connaissance ! Outre de nombreuses autres appellations (Yagé, Jurema, Daime, Vignes du diable etc…), les Indiens ont paraît-il donné un autre nom plus imagé et parlant à ce breuvage étrange : la télévision de la forêt. Télévision d'abord parce que la boisson donne des visions très colorées et très denses, beaucoup plus denses que bon nombre d'autres hallucinogènes et ensuite parce que l'on attribue à cette boisson un pouvoir de transporter des informations sur une longue distance, de rendre même télépathe. Mais jusque dans les années 60, les anthropologues et ethnologues ne portaient qu'une piètre estime à ces sorciers « primitifs » et à leur savoir ainsi qu'à ceux qui étudient ces hallucinogènes. Certains auteurs comme l'incontournable Georges Devereux (dans « Normal et Anormal ») ou encore Kroeber ou La Barre parmi les plus cotés de l'époque estimaient même que les shamans étaient tout simplement raides cinglés, bons à enfermer et qu'ils étaient donc atteints de profondes névroses pouvant aller jusqu'à des épisodes psychotiques et mythomanes : « le Chaman est psychologiquement malade » souligne Devereux avec la fierté du découvreur. La science occidentale portait un regard supérieur et totalement méprisant à l'égard des tribus à tendance shamanique que l'on trouve pourtant aux 4 coins de la planète et qui, sans se concerter, partagent bien souvent des constatations similaires sur le monde et son mode de fonctionnement. Il n'y aurait pas tant de différences que cela entre un shaman sibérien entrant en transe avec son tambour et des champignons et le curanderos de la tribu amazonienne des Ashanincas avec son chant d'invocation et la prise d'Ayahuasca. Il faudra attendre les travaux de Mircea Eliade et de Claude Levi-Strauss pour que les spécialistes de l'étude des peuples soit disant primitifs se départissent de leur orgueilleuse « objectivité » (qui ressemble plus à du dédain) pour en arriver à la conclusion que pour comprendre la raison d'être des us et coutumes de ces populations, il convenait de vivre avec elle, d'être intégré dans leur vie sociale et donc, de briser la sacro-sainte distance. Bien qu'au départ méprisée par l'académisme classique, cette nouvelle attitude des anthropologues a très rapidement permis de récolter des observations et des résultats étonnants : tout soudain, le monde de ces tribus dites primitives prenait sens. Et le savoir de ces ethnies était peut-être bien plus précieux qu'on a pu se le figurer à cause de notre cartésianisme unidimensionnel. Nous passions peut-être à côté d'un premier pouvoir des plantes et rituels shamaniques, le pouvoir de comprendre la nature, de la lire à livre ouvert mais aussi le pouvoir d'appréhender l'origine du monde par exemple et de multiples autres choses. Bref, le pouvoir de connaissance !

Le pouvoir de connaissance

Dans une interview accordée à Réda Benkirane du site web @rchipress, Narby défendait en 1998 sa thèse en ces termes: " Ayant acquis de la "bouteille", et ayant vu que mes collègues académiques vivaient dans un monde à moitié divorcé de la réalité, je n'avais plus peur de considérer les données en elles-mêmes: les Indiens d'Amazonie occidentale, dont le savoir écologique est admiré par la communauté scientifique et pharmaceutique internationale, affirment qu'ils acquièrent une partie de leur savoir grâce aux hallucinations induites par une décoction végétale. Je ne pouvais plus simplement me dire qu'il s'agissait de métaphores, parce que mon travail pratique m'avait appris à ne pas me contenter de telles explications ". Restait pour lui le plus dur: étayer sa thèse du pouvoir de lecture de l'Ayahuasca avec une démarche la plus scientifique possible…
Ce pouvoir de lecture existe-t-il ? C'est la question fondamentale que s'est donc posé notre anthropologue helvético-canadien. Ou plutôt les questions suivantes : la nature et les plantes en général sont-elles capables d'émettre des « informations » que l'on peut lire grâce à l'Ayahuasca, comment et pourquoi ? Car il existe une constance parmi toutes les peuplades d'Amérique du Sud qui utilisent l'Ayahuasca, peuplades qui sont parfois très éloignées les unes des autres et donc, ne sont pas en contact les unes avec les autres. Toutes ces ethnies, chacune à leur manière, affirment que l'Ayahuasca leur sert à lire les informations « dégagées » par les plantes, la nature et les hommes . Mais il n'y a pas que ce point commun. Il y en a d'autres, très troublants que l'anthropologue Michael Harner, véritable visionnaire dans l'exploration des champs de la réalité "non ordinaire" au même titre que Carlos Castaneda a mis en évidence presque en passant sans que cela soit le but de sa thèse. L'intéressé a été vivement critiqué parce qu'il fut dans les années 60 l'un des premiers à avoir fait une étude participative, allant jusqu'à prendre de l'Ayahuasca comme le fit Castaneda avec le Peyolt de Don Juan pour comprendre son sujet, une attitude qui lui a été vivement reprochée parce que manquant d'objectivité, de rigueur froide et donc de distance par rapport à son sujet. De plus, l'étude d'un hallucinogène était également mal vue à cette époque. Le consensus social et le très net renforcement des lois répressives en matière de stupéfiants avaient achevé de mettre au banc toutes les tentatives d'études du domaine des drogues. La recherche étaient volontairement cadenassée, sans budgets sauf bien entendu pour les militaires et les services secrets (voir plus loin) qui en avaient fait leur chasse gardée. Pour en revenir à Harner, ce dernier retient surtout de ses visions la séquence suivante, visions dans lesquelles « on » lui explique la genèse de la terre et comment le vivant a émergé dans la soupe primordiale : « Des grains noirs tombèrent du ciel par centaines et atterrirent en face de moi sur la terre aride. Je pouvais voir que les « grains » étaient en réalité de grande créatures noires et luisantes aux larges ailes de ptérodactyles et au corps de baleines… Elles m'expliquèrent dans une sorte de langage mental qu'elles fuyaient quelque chose dans le Cosmos. Elles étaient venues sur la planète terre pour échapper à leurs « ennemis ». Les créatures me montrèrent ensuite comment elles avaient créé la vie sur terre afin de se cacher au sein de la multitude de ses formes et de dissimuler ainsi leur présence. Devant moi, la magnificence de la création des plantes et des animaux et de la différenciations des espèces –des centaines de millions d'années d'activité- se déroula à une échelle et avec une vigueur impossible à décrire. J'appris que les créatures ressemblant à des dragons résidaient ainsi à l'intérieur de tous les êtres vivants, y compris l'homme ». Et dans une note en bas de page, Harner ajoute : « Rétrospectivement, on pourrait dire qu'elles étaient presque comme de l'ADN, excepté qu'à l'époque, en 1961, je ne savais rien au sujet de l'ADN ». En lisant ces lignes, Narby, obnubilé par ses recherches a une révélation totale et on le comprend. On le comprend à partir du moment où l'on part du postulat que les « visions » apportées aux Indiens par le Yage ne sont pas des distorsions aléatoires du réel, des signes de démence ou de psychose mais bien que ces images sont porteuses d'informations signifiantes, qu'elles veulent dire quelque chose dans un système qui nous échappe et qu'il faut appendre à décoder.

Le pouvoir des Serpents ou le Reptile comme Père-Mère du Vivant

D'autre part, Narby se rend compte que le thème des reptiles, des serpents et des dragons sont non seulement récurrents dans le cadre des visions générées par le Yage mais aussi que l'on retrouve ces figures symboliques dans de nombreuses cultures et religions (déistes ou animistes), en fait pratiquement sur l'ensemble de la planète. Et dans la culture de très nombreuses ethnies du bassin amazonien reviennent presque toujours les images de deux serpents entrelacés, des images qui font furieusement penser, souligne Narby, à la double hélice de l'ADN à savoir la base, le langage de la vie que l'on retrouve aussi bien dans les plantes que dans les animaux. Narby va alors répertorié d'autres anthropologues qui ont eux aussi noté dans la culture des Indiens amazoniens la présence de ces serpents ; comme par exemple la représentation du cerveau humain enregistrée par Reichel-Dolmatoff qui a longuement étudié et séjourné auprès de l'ethnie Desana, consommatrice d'Ayahuasca, un groupe d‘Indiens qui dessinent notre cerveau traversé par deux serpents, deux anacondas, l'un sombre représentant le principe féminin, aquatique et l'autre porteur de vives couleurs, façon arc-en-ciel, terrestre et masculin, l'équilibre de la conscience s'atteignant en dépassant et unissant les deux principes. Et face aux deux serpents, un étrange cristal qui a son importance, nous le verrons. Et ici aussi, la genèse du monde est totalement tributaire de ces deux serpents, « leurs ancêtres étaient arrivés dans des canoës en forme d'énormes serpents ». Mais la ressemblance entre la structure de l'ADN et les visions des shamans ne s'arrête pas là puisque l'on compare fréquemment l'ADN à une double hélice, une échelle de corde torsadée, un escalier en colimaçon. Et dans le chamanisme, on parle également d'échelles : « les échelles des shamans, symboles de la profession, présentes dans les thèmes shamaniques du monde entier » selon Mircea Eliade , que cela soit en Sibérie, au Tibet, en Australie, en Afrique, en Amérique du Nord ou du Sud ou même dans la tradition biblique (l'échelle de Jacob), le lien entre le ciel et la terre, entre le créateur et le créé, entre Dieu et les hommes. Selon Eliade, l'échelle shamanique est la forme première de l'axe du monde qui connecte les différents niveau du cosmos. D'où le titre de « serpent cosmique » que Narby donna à son ouvrage . Narby révèle alors avec une quasi exaltation le fait que les aborigènes d'Australie considéraient que la création de la vie était l'œuvre d'un personnage en rapport avec la fécondité universelle, le « serpent Arc-en Ciel » dont les pouvoirs étaient symbolisés par des cristaux à quartz. Tout comme les Indiens Desana d'Amazonie avec les deux anacondas traversant le cerveau humain et faisant face à un cristal. Et Narby de s'exclamer : « des aborigènes séparés du reste de l'humanité depuis 40.000 ans et des buveurs d'Ayahuasca amazoniens qui racontent la même histoire ? ! » Il n'en fallait pas plus à notre chevaucheur de serpents cosmiques pour répertorier tous les cultes religieux et mythologies faisant appel à cette histoire de serpents créateurs : mythologie mésopotamienne, égyptienne, Grecque (Zeus contre Typhon), Genèse (serpent du Jardin d'Eden), Hindoue. Le serpent comme être primordial, ni masculin, ni féminin ou parfois les deux à la fois toujours plus complet que les Dieux primitifs qui sont soit masculins, soit féminins et donc, " incapables de saisir la nature androgyne et double du principe vital". Poursuivant sa réflexion, Narby détaille ensuite les peintures, desseins et autres représentations iconographiques peints par des shamans et des buveurs d'Ayahuasca qui ont tenté de saisir sous forme d'instantanés la nature de leur vision. Et là encore, on est surpris d'y voir comme des vues au microscope électronique de chromosomes à des stades spécifiques de divisions, de l'ADN enroulé dans le noyau d'une cellule, des "triples hélices de collagènes ". Bien entendu, si l'on regarde ces représentations, on y voit de la peinture psychédélique et abstraite mais à partir du moment où l'on sait quoi et comment regarder, il faut concéder à Narby que sa "vision" colle particulièrement au sujet et que les coïncidences sont troublantes. Il faudrait alors admettre que les shamans savent représenter graphiquement de l'ADN sans bien sûr en être conscient scientifiquement et culturellement.

Pour Narby, ces connections entre ADN et shamanisme si elles sont séduisantes ne sont pas scientifiquement recevables, il le sait. Il va falloir creuser plus loin, plus profondément dans l'ADN.

L'origine extraterrestre du vivant?

Narby va alors se plonger dans les recherches de l'école de la panspermie, de l'origine extraterrestre du vivant dont le prix Nobel Francis Crick , un des co-découvreurs (et peut être légèrement voleur mais c'est une autre histoire) de la structure de l'ADN s'est fait le chantre. Pour lui, la vie se base sur deux éléments fondamentaux, l'ADN (qui sert à « coder » les protéines, à « reproduire » la vie en se dupliquant) et les protéines. Elle n'a pas pu émerger du hasard mais est arrivée de l'extérieur, de l'espace intersidéral.

Pour comprendre le pourquoi de l'intérêt d'une telle théorie, focalisons-nous donc sur l'origine du vivant, à savoir les acides aminés. Ces acides aminés pourraient être comparés à des briques ou des wagons qui mis bout à bout formeront des protéines qui sont les véritables constituants de la vie. Le problème est que pour obtenir une protéine, il faut que ces quelques 20 sortes d'acides aminés différents se combinent de façon très précise, de manière si précise (la bonne suite d' acides aminés) que le hasard d'obtenir cette longue chaîne, ce « train » composé de wagons d'acides aminés est quasi infime, à savoir une chance sur 20 exposant 200 (20 multiplié par 200 fois lui-même). Pour vous donner une idée de l'énormité de ce chiffre, sachez qu'il y a en fait moins d'atomes dans l'univers observable que ce chiffre. Bref, la chance d'obtenir la correcte combinaison d'acides aminés qui formeront une protéine est quasi inexistante. Pour obtenir une cellule, il faut non seulement des protéines composées de la bonne combinaison d'acides aminés (20 sortes) mais aussi de l'ADN, une superbe structure hélicoïdale composé de 4 sortes d'acides aminés symbolisés par les lettres G (Guanine), A(Adénosine), C (Cytosine) et T (Thymine), toujours les mêmes ainsi qu'un langage de traduction entre protéines et ADN puisque les protéines sont codées et construites grâce à l'ADN.

Ce même ADN a donc une structure double (une double hélice) de façon à ce qu'il puisse se diviser en deux brins qui iront chacun garnir le noyau d'une nouvelle cellule en se reformant. Tentez d'imaginer la complexité de ce système et en même temps son intelligente simplicité et l'infime chance donc que ce mécanisme surgisse du néant, de la simple probabilité en 4,5 milliards d'années. Animal, humain, végétal, nous sommes tous faits de cette même étoffe, de ce même « tissu », la même « matière » que sont les acides aminés, les protéines et l'ADN. La vie n'a pu arriver sur terre que de l'extérieur, elle a du être « ingénieurée » « ailleurs », dans l'outre espace plutôt que de surgir de la mythique soupe primaire. Crick et les tenants de la panspermie ont bien tenté d'imaginer des vaisseaux spatiaux, des fusées chargées de containers d'ADN et de protéines ou encore des météorites chargées de ces éléments fondamentaux de la vie et s'écrasant sur terre, une représentation peut-être un peu trop « simpliste » et ressemblant à la science fiction des années 50. Narby s'est focalisé sur un autre système qui est beaucoup plus conforme à nos mythes et légendes, celui du serpent cosmique. En effet, lorsque l'on regarde au microscope électronique de l'ADN et des chromosomes (ndr : notre patrimoine génétique se compose d'ADN) à certains stades de sa division et on a l'impression de se retrouver face à des serpents. Narby va alors relever dans de très nombreuses mythologies et histoires de la genèse de nombreuses peuplades l'omniprésence de cette figure du serpent, une omniprésence qui ne peut être l'effet du hasard selon Narby. Les aborigènes australiens représentent ainsi sur les parois murales des peintures sur l'origine de la vie qu'ils appellent le « serpent arc en ciel » et qui ressemblent à s'y méprendre aux chromosomes aux stades de prophase et d'anaphase. En Egypte, ce même serpent, à l'instar de l'Australie est de nature double, à deux têtes, mâles et femelles tout comme l'ADN. La mythologie hindoue fait également référence à un serpent infini à 1000 têtes qui est la figure majeure des cycles de la création. Sachez que si l'on déroule ce microscopique brin d'ADN, on obtient un fil de 2 mètres de long qui est 1 milliard de fois plus long que son propre diamètre qui n'est que de quelques microns. Narby va ainsi relever quantités de similitudes entre les figures serpentines des mythes et la réalité de l'ADN, un si grand nombre de similitudes que cela en est plus que troublant. Encore une : lorsque l'on évoque la stabilité de l'ADN, on se rend compte qu'il s'agit d'un phénomène remarquablement stable qui n'a pas bougé depuis des milliards d'années, plus stable même que certains minéraux ou même que la surface de notre planète.

 La vie peut et doit donc compter sur la nature stable de l'ADN pour durer et se perpétuer à tel point que l'on parle de la nature cristalline de l'ADN, l'ADN étant considéré comme un « cristal apériodique ». Souvenez-vous alors de la représentation de cristaux à côté de deux anacondas dans la légende des Indiens Desanas d'Amazonie et le serpents arc-en ciel et les cristaux à quartz des Aborigènes. Et d'où viendrait finalement le caducé, ce double serpent que l'on a stylisé et qui sert aujourd'hui à symboliser les métiers relatifs à l'art de soigner (médecins et pharmaciens). Pour Narby, ces peuplades primitives ont forcément réussi à capter quelque chose de signifiant à propos de l'ADN, de sa nature et de sa fonction et son arrivée sur terre et ont voulu les évoquer sous formes de symboles dans leurs récits sur la genèse de la vie sur notre planète. Narby insiste alors sur le fait que les Indiens affirment à propos de cette relation : « la nature en donnait des signes et, pour la comprendre, il fallait être attentif à des similarités formelles ». Il faut donc croire que « les esprits de la nature communiquaient avec les humains dans les hallucinations et les rêves ». Comment ? Nous allons le voir. Cela paraît invraisemblable ? Pourtant, il y a moyen de trouver une relation quasi scientifique, une explication à ce phénomène de l'ADN comme serpent « père mère » de la vie sur terre.

Tout s'explique ?

« A quoi riment toutes ces connexions entre l'ADN et les serpents cosmiques, l'axe du monde et le langage des esprits ? A mon avis, les recoupements sont trop nombreux pour être l'effet du hasard. Si j'étais membre d'un jury, …j'aurais l'intime conviction qu'il s'agit de la même réalité décrite à partir de perspectives différentes » en conclut Jeremy Narby. Quant aux shamans ; ils estiment que « le principe vitale qui anime l'ensemble des espèces a une conscience et provient du Cosmos ». Ce serait donc une sorte d'entité intelligente et qui par conséquent s'exprime pour peu que l'on sache comment et ce qu'il fait entendre. Une plante par exemple contient un esprit, un esprit conscient qui possède une âme. On rejoint ici des concepts proches de la vision qu'à Karl Gustav Jung du monde. Un shaman Ayahuasqueros va jusqu'à dire : « Même les cheveux, les yeux et les oreilles sont pleins d'êtres. On voit tout ceci lorsque l'Ayahuasca est fort ».

La première constatation qui va littéralement ébahir Narby, c'est que la vie prend un malin plaisir à cacher les choses, à les rendre mystérieuses. Ainsi par exemple, notre système visuel, nos yeux ont été fabriqués avec des cellules qui se sont « différenciés » grâce au code génétique, grâce à des informations qui vont somme toute construire un système de vision complexe et sophistiqué, bien plus sophistiqué qu'une caméra digitale puisque nous percevons en 3D avec une définition d'image hors pairs. Nous sommes par contre incapable de « voir », de lire et donc de « comprendre » les lignes de code de l'ADN qui fabriquent nos yeux ou bien qui fabriquent des plantes, des animaux, des cheveux, des souris, des pieds, des cafards. On ne perçoit que le résultat final, le reste nous est caché. Ce qui constitue par ailleurs l'une des croyances des Indiens Ashanincas : tous les êtres vivants, plantes, hommes, animaux mais aussi pierres sont composés « d'êtres invisibles » qu'ils nomment les maninkaris et qui ont créé la vie, des maninkaris qui dans la légende de la genèse utiliseront des ficelles et des cordes dans le processus de création. Les Indiens mais aussi les Aborigènes et bon nombres de peuplades « anciennes » à tendance shamaniques sont donc capables d'interpréter la nature, de la décoder, de percevoir d'une certaines façon ces lignes de code, cette informations cachés dans l'ADN ? : « les shamans accèdent par différentes techniques à de l'information en provenance de l'ADN qu'ils appellent esprits ou essences animées… l'ADN constitue alors la source de leur étonnant savoir botanique et médical…. Je savais que cette hypothèse serait solide si elle reposait sur des bases neurologiques, ce qui n'était pas encore le cas » en conclut Narby qui souligne avec insistance que la majorité des légendes et croyances de ces peuplades laissent sous entendre une telle hypothèse.. . Et ce, soit grâce à l'ingestion d'hallucinogènes dans le cadre de rituels très codifiés, soit par le biais de séances de transes, de danses sans ingestion de drogues. Selon la tradition indienne, ce sont en fait ces maninkari, ces esprits invisibles qui sont friands de tabac et d'Ayahuasca, « les esprits ayant un appétit quasi insatiable de tabacs » . Mais il fallait trouver le lien entre l'ADN et l'Ayahuasca, entre les neurones du cerveau et les hallucinogènes. Que se passe-t-il au juste ? Il se passe quelque chose mais on ne sait pas comment cela marche, peut-on dire prosaïquement tant les recherches en la matière furent quasi inexistantes voire freinées par les à priori culturels de nos sociétés vis à vis des drogues.

Une tentative d'explication scientifique : l'émission photonique

Tout d'abord, Narby s'intéressa aux recherches menées au cours des années 60 et 70 sur le LSD, certains scientifiques s'étant posé la question de savoir quel lien pouvait-il y avoir entre l'ADN et le LSD, l'ADN et les hallucinogènes. En effet, une rumeur qui tenait plus de la légende urbaine et imbécile colportait l'histoire selon laquelle l'abus de LSD pouvait provoquer des mutations et des anomalies génétiques. Des expériences effectués sur de l'ADN extirpé du noyau de la cellule, de l'ADN « nu » donc montraient que l'ADN attirait le LSD ainsi que de nombreux autres alcaloïdes et substances diverses. On se demanda même si l'ADN ne jouait pas un rôle dans les mécanismes hallucinatoires. Ce n'est que dans les années 80 que l'on compris que l'ADN « nu » n'existait de toute façon pas à l'état naturel et qu'en fait, les mécanismes hallucinatoires étaient générés non par une réaction au sein des cellules, des neurones, sur l'ADN mais par une mécanique extra-cellulaire faisant appel à des récepteurs.

Narby poursuit son examen logique et récapitule : selon son hypothèse donc, ces morceaux d'ADN, ces serpents « cosmiques » que sont les chromosomes bref ces éléments qui sont la base du vivant parlent, s'expriment, émettent quelque chose que l'homme est en mesure de capter et d'interpréter grâce à l'Ayahuasca, et le tabac sauvage entre autre. Ce que l'on sait par exemple, c'est que l'ADN est un « cristal apériodique » qui capte et transporte des électrons et qui émet à des fréquences ultra faible et à la limite du mesurable des photons, c'est à dire des ondes électromagnétiques- et ceci plus que toute autre matière vivante ». L'ADN est aussi un langage universel compris par l'ensemble du vivant, c'est la raison pour laquelle on peut par exemple utiliser une séquence d'ADN d'une plante qui a une propriété particulière (être résistant à une maladie par exemple) et l'injecter dans le matériel génétique d'une autre plante d'une autre famille, c'est à dire créer des organismes génétiquement modifiés. Au niveau de l'ADN, tous les êtres vivant peuvent communiquer, se « comprendre » via l'ADN, fait remarquer Narby.
Narby se focalisa alors sur un autre angle d'approche, se demandant ce que l'ADN émettait vraiment comme information visuelle. Il tomba alors sur l'explication de l'émission photonique. En effet, comme nous venons de l'évoquer, l'ADN émet des photons, des particules infimes spécifiques à la lumière et donc, des ondes électromagnétiques. Des expériences démontrèrent ainsi que tous les êtres vivants émettaient des photons à des taux spécifiques et que l'ADN en était la source. Narby se demande alors si cette « lumière », ces photons émis par les cellules des êtres vivant est bien l'information captée et interprétée de façon signifiante par les shamans ? Car cette émission de photons est évidemment non décelable à l'œil nu, il s'agit de taux extrêmement faible mais « extrêmement cohérent, aussi cohérent qu'un laser » (Fritz Popp, Biophoton Emission… in Modern Physics Letters ), c'est à dire aussi régulier et précis dans le débit d'émission. Comme le spécifie Narby et les autres chercheurs, l'ADN émettait « un laser ultra-faible ». Et un laser donne une impression de couleur vive « et un sentiment de profondeur holographique » .

 Ce qui est extrêmement cohérent avec la nature même des visions sous Ayahuasca, des visions de « formes abstraites, tridimensionnelles, extrêmement colorées, saturées et vives ». Voilà ce qu'en conclut Narby : « les molécules de nicotine ou de DMT contenues dans le tabac ou l'Ayahuasca activent leurs récepteurs respectifs (dans le cerveau) qui déclenchent une cascade de réactions électrochimiques à l'intérieur des neurones, aboutissant à l'excitation de l'ADN et stimulant entre autres, son émission d'ondes visibles que les shamans perçoivent sous forme d'hallucinations » Mais cette explication n'est pas encore suffisante dans la mesure où elle ne nous montre pas le lien entre la conscience de l'humain et ces réactions photoniques de l'ADN.

Pour cela, Narby va se servir des dernières recherches et hypothèses en matière de communication cellulaire, à savoir quel type de langage les cellules utilisent pour communiquer entre elles, pour s'agencer, s'ordonner, réagir les unes par rapport aux autres. Des chercheurs au cours de ces 20 dernières années ont réalisé quantité d'expériences visant à montrer, plutôt à démontrer que les cellules utilisent ces ondes électromagnétiques pour communiquer entre elles, mieux encore pour communiquer d'un organisme à un autre. C'est ainsi que l'on arrive à comprendre, explique Narby, comment le plancton composé de milliards de minuscules organismes arrive à se comporter en une colonie organisée, une sorte de super-organisme. Ici, pas question d'expliquer tout par des interactions biochimiques comme s'échine à le prouver sans succès la biologie classique et orthodoxe. Grâce à ce niveau électromagnétique, photonique de communication, on peut expliquer des tas de phénomènes que la biologie classique, axée sur les strictes réactions biochimiques était incapable d'expliquer.
Quant à la conscience, le biologiste allemand Fritz Albert Popp , pionnier dans ce modèle d'explication biophotonique, admet qu'elle aussi est constituée sans doute par le champ électromagnétique formé par l'ensemble de ces réactions photoniques (qui proviendrait de l'ADN contenu dans nos neurones entre autre). On peut ainsi dire que l'entièreté des réactions photoniques de toutes les cellules de plancton communiquant entre elles forme une sorte de méta conscience, la conscience d'une colonie de plancton. Notre propre conscience devrait également résider dans les champs électromagnétiques émis par l'ensemble de nos neurones. Vous voyez où Narby veut en venir ? Avec l'Ayahuasca agissant comme une sorte d'excitateur de photons, ce qui permettraient aux champs électromagnétiques de différentes consciences, végétales, animales, humaines de communiquer entre eux. L'Ayahuasca comme une sorte de révélateur photographique permettant à la réaction chimique de se catalyser puis de se fixer sur le papier photo de la conscience.

Une explication complémentaire : les champs morphogénétiques

Ces champs électromagnétiques émis par l'ADN et qui s'apparente à une conscience font étrangement penser à un modèle d'explication de la vie assez neuf mais très contesté, les champs morphogénétiques avec lesquels certains physiciens comme David Peat (lire absolument « Synchronicité, le pont entre l'esprit et la matière » aux éditions Le Mail), David Bohm mais aussi certains biologistes comme Ruppert Sheldrake ont tenté d'expliquer des systèmes physiques et biologiques ou encore le mécanisme d'évolution des espèces ; jetant en partie aux orties la théorie de l'évolution des espèces selon Darwin mais aussi le monde trop « causaliste » et « déterministe » de Newton. Dans ces nouvelles conceptions de la physique que sont les concepts de mécanique quantique et de synchronicité, toutes les choses sont reliées entre elles, entrent dans des interactions complexes et subtiles, sont interdépendantes. On est loin d'une conception purement mécaniste où un événement physique ou biologique survient à cause d'un autre événement déterminé en une suite linéaire agencée toujours de la même manière, prédictive. En physique quantique, par exemple, l'observateur qui regarde une expérience physique se dérouler sous ses yeux n'est pas extérieur à l'expérience. On considère qu'il l'influence, même de façon infime. Aucun événement n'est donc isolé et isolable (ce qui met à mal la sacro-sainte conception de l'objectivité rigoureuse du scientifique détaché des choses qu'il observe !). Dans de telles perspectives, la science s'est alors consacrée à tenter d'expliquer des choses comme la croissance d'un organisme vivant ou encore l'évolution des espèces. Bref, comment la nature prend-elle forme, comment évolue-t-elle, quel modèle d'explication colle-t-il le mieux avec ce que l'on constate sur le terrain à savoir que la nature fait preuve d'une formidable stratégie de création, d'adaptation et de diversification.

Peut-on alors concevoir par exemple que les formes que la nature prend ne proviennent pas du mélange entre hasard et sélection naturelle (l'évolutionnisme darwinien) mais bien d'événements plus subtils, de structures, de moules en constante évolution, adaptation et qui ont été intelligemment « pensés » ou plutôt qui « se » sont intelligemment pensés ? Si l'on répond par l'affirmative, il faut alors par exemple se dire que le dessin et la structure des feuilles d'un arbre ne sont pas surgies du néant et du hasard mais ont été « pensées », « conçues » par ce que l'on pourrait nommer ; certes de façon un peu naïve, la famille des esprit des arbres. Et donc, que les feuilles, lorsqu'elles se développent obéissent à modèle général préexistant, quelque part dans une dimension parallèle. Une dimension que certains physiciens et biologistes encore très marginaux désignent sous l'appellation de champs morphogénétiques. Bien entendu, je caricature à dessein ces exemples afin de mieux illustrer notre propos. Et puis, il ne s'agit que de modèles théoriques pour expliquer comment la nature fonctionne. Personne n'est encore parvenu à « voir » et à démontrer avec des appareils de mesure l'existence de ces champs morphogénétiques. C'est un peu comme si la famille « plante » et la sous-famille « feuille » possédait son « double » conscient et intelligent dans une dimension autre, un double totalement invisible. Et que l'évolution se passerait grâce à un échange d'informations constant entre ces deux dimensions, la nôtre matérielle et cette autre, cet « ailleurs » impalpable, les champs morphogénétiques. C'est grâce à ces champs morphogénétiques que l'on peut alors expliquer les mécanismes de synchronicité, ce que l'on prend pour une marque du destin ou de terribles coïncidences. Peat déclare à ce sujet : « La synchronicité surgit des systèmes de structures sous-jacents de l'univers plutôt qu'à travers des phénomènes de cause à effet que nous associons habituellement aux événements ayant lieu dans la nature…il s'agit d'un principe de connexion acausale… » Il existerait selon Peat et Pauli, un autre physicien de génie « un modèle abstrait qui se trouve caché sous la surface de l'atome et qui détermine son comportement d'une manière non-causale. C'est dans ce sens que le principe de Pauli forme un parallèle avec le principe de synchronicité ».

Ici, la physique (qui se base elle même sur les découvertes plus intuitives du psychiatre et thérapeute C.G Jung) tentent de défricher des terrains neufs et semble valider ce que certains philosophes, psychologues et même des parapsychologues appellent l'inconscient collectif, l'éther, l'égrégore. Bref, cette autre dimension, parallèle à la nôtre et sur laquelle l'Ayahusca mais sans doute d'autres substances hallucinogènes agissent à la fois comme révélateur, comme catalyseur mais aussi comme clés.
De telles conceptions sont évidemment vouées aux critiques les plus vives émanant des représentants d'une science orthodoxe objective comme celle prônée par Jacques Monod, prix Nobel, dans laquelle les défenseurs de ces théories dominantes refusent de voir dans la nature des quelconques projets, des buts poursuivis mais bien que « les événements sont guidés uniquement par le hasard et la nécessité ». Ils refusent à fortiori l'existence d'une sorte d'ordre parallèle, subtil et capable de s'agencer et de communiquer.


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MessagePosté le: Mer 27 Oct - 14:05 (2010)    Sujet du message: Publicité

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