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Ayahuasca 3

 
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Heero Otegawa
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MessagePosté le: Mer 27 Oct - 14:08 (2010)    Sujet du message: Ayahuasca 3 Répondre en citant

Le pouvoir sur les esprits, le lien avec les extraterrestres ?


Très sérieusement, certains chercheurs ont émis l'hypothèse que l'un des composants de l'Ayahuasca – le fameux DMT ou N-diméthiltryptamine permet d'entrer en contact avec un univers invisible, parallèle, avec des instances extraterrestres ou ne se trouvant pas dans notre dimension. Je cite ici le plus grand défenseur de cette hypothèse, Terence Mc Kenna, récemment décédé en avril 2000, qui a consacré sa vie à l'étude des hallucinogènes: le DMT aurait donc « le pouvoir de placer le consommateur en relation avec un royaume qui est habité par des entités désincarnées ou extraterrestres. La recherche de telles possibilités nous mènent clairement aux frontières et au delà de ce qui est considéré comme scientifiquement acceptable. Néanmoins, le phénomène de contacts, d'apparitions extraterrestres est si impressionnant pour ceux qui en ont fait l'expérience et les implications d'un tel contact sont si radicales que les preuves et indices (de cette réalité) méritent d'être sérieusement examinées… » (voir le site de Terence Mc Kenna, le site deoxy.org ainsi que le site sur les psychédéliques Erowid). Mc Kenna et ses semblables insistent d'abord sur le fait que l'Ayahuasca et le DMT ainsi que les psychédéliques en général n'ont pas grand rapport avec les drogues dites stimulantes et « ludiques » comme les amphétamines, la cocaïne ou le cannabis. Il ne s'agit pas de drogues « récréatives », « amusantes » (triste euphémisme),

surtout en ce qui concerne l'Ayahuasca, il est même rare que l'utilisateur prenne un quelconque plaisir à sa consommation car les effets ne sont pas prédictifs : un jour, on pourra vivre un moment d'extase, un autre jour, un enfer comme l'on en a jamais vécu et un troisième, un long ennui suivi d'un profond sommeil. Mais nous parlerons de cet aspect du problème dans le détail plus loin dans cet article. L'Ayahuasca n'est pas à proprement parlé une drogue qui satisfait l'ego mais plutôt « un transcendant de l'ego » et l'on a raison d'aborder une session sous Ayahuasca « avec respect et crainte ». Mc Kenna et consort déplorent en fait le manque de recherches sérieuses entreprises aux USA ou en Europe sur le DMT ou la psilocybine à cause justement de la piètre et injustifiée réputation de ces drogues psycho-actives engendrée par la mode psychédélique. Pourtant, le DMT est dès plus intéressant, surtout lorsque l'on sait qu'il est présent naturellement dans chaque cerveau humain (via la production de tryptamines et de mélatonine via la glande pinéale). « Et lorsqu'on sait également que la possession de DMT est passible de peines de prison , fait ironiquement remarquer Mc Kenna, chaque être humain à la naissance est susceptible de se retrouver derrière les barreaux ». Dans les années 50 et 60, de multiples chercheurs (Peter Stafford , Timothy Leary , Jonhattan Ott , Richard Alpert , Ralph Metzner etc…) soit indépendants, soit travaillant pour des riches universités et laboratoires pharmaceutiques ont entamé des recherches sur le DMT, le plus souvent en s'auto-administrant ( par ingestion, injection ou en le fumant) des doses variables pour en quantifier et déterminer les effets. Des effets dans lesquels on trouve bien souvent des points communs, des leit motivs et ce, quelle que soit l'origine sociale, culturelle, nationale de l'usager comme nous l'avons déjà mentionné. Les visions démarrent très souvent avec des formes géométriques complexes et très colorées puis, sans que l'on sache très bien pourquoi, la plupart expérimentent des visions de serpents ,de boas, de reptiles divers ou de dragons mais aussi d'entités divines dont la plus récurrente est la vierge Marie. Et le plus étrange et improbable est l'apparition d'entités extraterrestres et de vaisseaux de type soucoupes volantes chez des personnes qui ne baignent absolument pas dans un univers occidentalisé où l'on peut voir des films de science-fiction.

Le plus étonnant est qu'on a répertorié ce que l'on pourrait nommer des hallucinations collectives, à savoir des groupes d'utilisateurs d'Ayahuasca ou de DMT qui apercevaient en même temps des entités extraterrestres, parfois en grand nombre, ce qui a fait dire à ces personnes qu'elles étaient réellement rentrées en contact avec ces entités et qu'elles les auraient vues avec ou sans DMT. A cet égard, le biologiste J. B. S. Haldane affirma : « que la vérité n'est pas seulement plus étrange que nous le supposons mais en fait plus étrange que nous sommes capables de le supposer ». En d'autres termes, pour pouvoir approcher la vérité, il faut être capable de dépasser ses limites de perception et de connaissance.

Terence Mc Kenna a ainsi répertorié au moins 4 types de visions (en fait, bien plus mais voici les 4 principales) ou d'hallucinations, 4 niveaux qui se superposent comme une sorte de mille feuilles : une première couche qui se compose « des hallucinations subjectives, des formes géométriques par exemple où il n'y a pas d'entités extraterrestres existants indépendamment de la conscience » de l'usager. Un second niveau qui « ouvre un accès à des dimensions parallèles et supérieures, une véritable réalité alternative » qui est habité par des entités intelligentes existant indépendamment du champ de la conscience et formant ce que Mc Kenna appelle « une écologie d'esprits ». Une troisième « couche » autorise l'accès du consommateur à un niveau cellulaire qui ouvre « la conscience aux processus des mécanismes quantiques des niveaux atomiques ou sub atomiques ». Avec ce niveau, on retrouve la théorie de Jeremy Narby selon laquelle les shamans sont capables de lire et d'interpréter les images et symboles que les plantes dégagent ou plutôt les niveaux de photons que les plantes dégagent. Nous en reparlerons. Un peu comme on arrive à tirer une information de la composition d'une étoile en analysant le spectre de lumière, de « particules » lumineuses que cette étoile dégage. Le quatrième « niveau » est sans doute le plus bizarre puisque selon cette thèse des niveaux, au 4 ième plan, le DMT qui est un neurotransmetteur dans notre cerveau reptilien permettrait justement à la partie « reptilienne » de notre cerveau de prendre le pouvoir, de dominer la conscience, ce qui aurait pour résultat des états modifiés de conscience dans lesquels les extraterrestres apparaîtraient dans leur totalité. De ces hypothèses, certains chercheurs comme William James estiment que notre perception habituelle du réel n'est que partielle et que l'augmentation significative des taux d'hormones naturelles présentes dans notre cerveau comme la dopamine ou la tryptamine qui provoqueraient des soit disant hallucinations ne feraient en fait qu'élargir le champ de notre conscience et donc le champ de la réalité que nous percevons. En d'autres termes, le réel ne se limite pas à nos 5 sens mais va bien au delà. Les psychédéliques auraient la propriété de nous faire voir des parties de ce réel que nous ne percevons pas en temps normal mais qui existe objectivement dans d'autres dimensions. L'Ayahuasca comme pouvoir d'accès à d'autres dimensions, à des entités spirituelles ou extraterrestres ? Pourquoi pas. Il faut en avoir fait l'expérience pour en être convaincu.

Le DMT nous catapulterait alors dans un monde en 4 dimensions, les 3 dimensions habituelles alliée avec la 4 ième dimension « einsteinienne », celle du temps ou plutôt de l'espace-temps, un vrai voyage en hyper-espace comme le théorisent Terence

McKenna et Ralph Abraham . Dans l'univers de ces chercheurs, expérimentateurs et pharmacologues en matière de plantes hallucinogènes, les personnes qui tentent de comprendre ce qui leur arrive au cours de ces voyages « psychédéliques » ont même un nom : on les appelle les « psychonautes », signe évident que l'on prend leur trip au sérieux. William Burroughs , grand psychonaute devant l'éternel, écrivain américain, inspiré surtout par les opiacés et les stimulants décrivait dans son petit livre « lettre du Yagé » la sensation de voyage longue distance lorsqu'il a pris de l'Ayahuasca : « Le Yagé est un voyage dans l'espace et dans le temps » affirment-il dans une lettre adressée Allen Ginsberg. En fait, l'Ayahuasca, à l'instar du Peyolt livre à ses utilisateurs des expériences et des visions qui bien souvent se répètent dans leur thématique qu'on a l'impression d'avoir affaire à un monde cohérent, non dans le sens rationnel du terme mais dans le sens que l'on peut en venir à croire que les psychonautes explorent un même monde. Dans cette optique, les « visions » sous Ayahuasca ne seraient pas uniquement propre à chaque individus et au contenu de son inconscient et de ses expériences personnelles mais nous livreraient des informations apparemment folles dans le cadre de notre monde rationaliste mais très signifiantes à un niveau plus étrange, plus transcendant. En d'autres termes, ce ne serait pas un hasard que la plupart des consommateurs de Yage perçoivent des serpents géants, des échelles torsadées menant au ciel, des doubles hélices façon ADN, des soucoupes volantes, des entités extraterrestres indéchiffrables ou des représentations de la divinité (Vierge Marie, Jésus, Bouddha et autres avatars religieux). Quatre spécialistes différents, Terence McKenna, Ralph Abraham ainsi que Gracie et Zarkov sont arrivés à émettre une hypothèse relativement similaire et cohérente selon laquelle, sous Ayahuasca ou plutôt sous DMT, le principe actif majeur, on aurait accès à une sorte d'hyper-espace (sic) qui permet le contact avec des extraerrestres ou des personnes décédées, bref des entités non physique. Quant à l'activation de la partie « reptilienne » de notre cerveau et le liens que cette activation a avec la nature des visions, les recherches se poursuivent. Mais les recherches cliniques et expérimentales de Mc Kenna et consort sur les visions d'extraterrestres se concentrent surtout sur des sujets ayant absorbé du DMT pur administré sous forme fumable, un produit qui est assez loin de l'Ayahuasca qui contient bien plus d'alcaloïdes.

Outre les autochtones des forêts amazoniennes qui perçoivent soit dans leur vision, soit à jeun l'apparition d'Ovnis –ce qui est déjà une curiosité « culturelle » puisque ces appareils ne font pas partie intégrante de leur mythe de façon naturelle, de nombreux consommateurs « occidentaux » sont eux aussi témoin de telles apparitions. Ainsi, P.V.H, un ex-toxicomane hollandais nous a raconté : « Même si j'ai vu des choses incroyables et j'ai eu des hallucinations d'une puissance extrême avec le LSD ou du cannabis, je dirais qu'avec le Yage, ce sont plutôt des visions. Par visions, je veux dire qu'à mon sens, ce que je voyais était réel. C'était réellement là même si cela n'était pas là matériellement à côté de vous. J'ai par exemple vu une tour de lumière avec une espèce de vaisseau spatial au dessus ou j'ai vu des espèces de nains comme dans Star Wars. J'ai vu des vitraux d'église me parler et les paroles se transformer en serpents… Pour moi, j'insiste là dessus, ce n'étaient pas des hallucinations, il y avait des présences derrière toutes ces manifestations. C'est une question de ressenti. C'est pour cela que l'Ayahuasca peut être si traumatisant… ».

Dans les années 80, l'anthropologue allemande Angelika Gebhart-Sayer étudiait certaines ethnies consommatrices d'Ayahuasca, les Shipibo lorsqu'elle nota les très, trop nombreux témoignages émanant d'indiens relatant les multiples apparitions de lumières vives et autres étranges phénomènes, qui disparaissaient lorsqu'on les approchait et qu'elle prit d'abord pour une stratégie d'hommes blancs voulant intimider les autochtones avec des projecteurs très puissants par exemple pour les chasser de leur terre. A plusieurs reprises, l'anthropologue vit elle-même des puissantes lumières dorées de la taille d'un terrain de football et qui évoluaient sans bruit. On était donc loin des simples projecteurs. C'est finalement le shaman qui sous l'emprise d'Ayahuasca qui donna l'explication selon laquelle il s'agissait " d'un appareil volant immense et doré avec des lampes et de très beaux sièges décorés " Le pilote de l'appareil était "un Inca habillé de beaux vêtements traditionnels… et qui ne parlait pas parce qu'il connaissait les pensés de tout le monde … et que le temps n'était pas encore venu pour lui de parler. Bientôt viendra le temps où il apparaîtra pour donner des conseils et des explications ". Cette affaire est d'autant plus remarquable que ces autochtones sont –insiste l'anthropologue- aux antipodes de la culture ufologique ou de science fiction de nos sociétés. A en croire certains anthropologues, l'apparition d'Ovnis et d'extraterrestres est une chose commune dans la culture de nombreuses ethnies amazoniennes. Certains missionnaires évoquent au 18 ième siècle des témoignages d'indiens ayant aperçu des globes de lumières et des chariots de feu que nos bons prédicateurs se sont efforcés de réinterpréter à la sauce chrétienne.
Pour l'anthropologue française, Francoise Barbira-Freedman , et selon le shaman qui lui sert d'informateur, " l'apparition d'Ovnis lorsque l'on a consommé de l'Ayahuasca est une chose extrêmement commune " Don Manuel Shuna , l'un des shamans avec lequel elle est entrée en contact a peint ces engins volants (un genre de peinture que l'on retrouve souvent dans la "culture" picturale des consommateurs d'Ayahuasca) et les décrit comme des sphères ayant un diamètre de 50 mètres avec des lumières qui font voir la nuit comme en plein jour…qui ne touchent jamais le sol ou l'eau mais restent toujours suspendu dans les airs " Quant aux extraterrestres pilotant ces engins, le shaman affirme que ces aliens savent "que je prend de l'Ayahuasca. Ils savent comment prier… Ils chantent des chansons (ndr: le chant est capital dans le rituel Ayahuasca)… Ils m'ont demandé de les accompagner mais je ne voulais pas parce qu'ils se mangent entre eux, les uns les autres ".
Le thème des Ovnis est tellement récurent dans les témoignages des shamans que certains d'entre eux ont tenté de les représenter et de les classifier tant ils se manifesteraient sous de nombreuses formes.


Pour ceux que ce thème captive, un anthropologue péruvien Luis Eduardo Luna s'est attelé à répertorier, analyser et publier les visions d'un shaman péruvien, Pablo Amaringo, et sa relation avec les Ovnis (Ayahuasca Visions: The Religious Iconography of a Peruvian Shaman in North Atlantic Books 2800 Woolsey Street Berkeley, CA 94705 1991). Et sur le site deoxy.org, vous pourrez découvrir pas moins de 48 témoignages répertoriés et analysés sur ce thème.
L'apparition du thème des extraterrestres n'est pas l'apanage exclusif de l'Ayahuasca car on évoque aussi bien les ovnis et les aliens chez certains adeptes du LSD (Leary et surtout John Lilly), de la psylocibine mais également chez Carlos Castaneda auquel nous consacrerons un dossier. Dans la vision du monde de Castaneda ou plutôt dans celle de Don Juan, le shaman qui fut son inspirateur, il existerait des entités extraterrestres (les "planeurs") extrêmement nocives qui agiraient en fait comme des parasites, de véritables prédateurs dont le but seraient

tant de nous égarer dans nos perceptions que de nous "bouffer" littéralement nos énergies. Une sorte de résurrection du mythe du vampire qui colle à merveille avec certains récits "conspirationnistes" sur les short greys (voir le dossier de Karmapolis sur les Gris et Nigel Kerner, 1 ière partie). Des Gris qui pour certains témoins, certains ufologues et certains conspirationnistes seraient des entités de nature… reptilienne, des reptiliens qui nous auraient génétiquement « ingénieurés », ce qui cadre curieusement à merveille avec les légendes et mythes de notre genèse vu par certaines tribus amazoniennes. Des gens comme David Icke ou Branton se sont bien entendu emparés de cette thématique, une emprise qui pour certains suffit à tout simplement discréditer une telle vision du problème. Mais je ne peux m'empêcher de simplement noter la coïncidence même si elle semble fumeuse et aussi facile qu'une porte ouverte. Quoi qu'il en soit, ce thème des entités reptiliennes démoniaques et extraterrestres est tellement puissant que de certaines sectes et fraternités s'adonnent à leur manière à des rituels avec utilisation de psychotropes pour les invoquer.

L'Occidentalisation: la voie vers la démence?

Attention, il ne faut pas se leurrer. L'Ayahuasca tout comme l'ensemble de ces hallucinogènes "ethniques" (Peyolt, Psilocybine, Datura etc…), même si l'on peut s'exalter des vertus mystiques, curatives ou ésotériques de ces plantes, restent profondément étrangers à notre culture occidentale. Autant vous le dire tout de go, je reste convaincu, que l'Ayahuasca , cette plante qui fait des miracles pour les Indiens, n'est pas véritablement exportable dans notre modèle occidental. La plante et les visions qu'elle génère nous sont trop « exotiques » tout en demeurant absolument familiers aux Indiens et populations locales amazoniennes. L'Ayahuasca, à mon sens, s'exprime avec un corpus de valeurs et d'émotions qui nous sont tellement extérieurs et qui peut par conséquent facilement nous déstructurer plutôt que de nous structurer. Elle nous égare lorsque nous sommes fragiles plutôt que de nous montrer un chemin d'une façon que nous pouvons comprendre. Une chose est certaine : les sessions sous Ayahuasca ne sont pas des parties de plaisir, loin s'en faut. Et il vaut mieux ne pas avoir trop d'attentes, ne pas se laisser bercer par les récits parfois miraculeux, souvent merveilleux des chercheurs et des apprentis shamans occidentaux. Un conseil : lisez par exemple « Lettre du Yage » de William Burrough et vous comprendrez à quel point l'auteur de « Junkie » et de « la machine molle » a salement dégusté au cours de ces expériences qui l'ont métamorphosé. Selon certains utilisateurs qui en ont l'habitude, Avec la plante, il vaut mieux laisser de côté notre besoin d'expliquer, de tout expliquer, de situer et de comprendre la nature de certains épisodes intenses vécus en session. L'Ayahuasca peut être utile à certains occidentaux mais pas à tous.
Voilà ce que nous explique encore P.V.H, un ex-toxicomane qui a expérimenté à peu près toutes les drogues et que l'on peut considérer comme une sorte « d'expert » en la question : « en ce qui concerne l'Ayahuasca, ce n'est pas une drogue comme les autres, ce n'est pas une drogue du tout à mon sens car ce n'est pas agréable ou confortable de prendre ce produit. C'est même traumatisant, c'est un vrai travail un peu comme quand on va en thérapie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'en ai pris. Et puis, ce ne sont pas des hallucinations que l'on ressent comme avec du LSD ou des champignons. Croyez-moi, je fais la différence… ».

L'Ayahuasca est par contre beaucoup plus prometteuse en ce qui concerne les populations autochtones amazoniennes, qu'elles soient Indiennes, métis ou Brésiliennes. Tant ces populations ont baignés depuis toujours dans des cultes de type shamaniques. Néanmoins, il existe en Europe des tentatives d'exportations du modèle, soit sous la forme de rituels religieux, soit sous la forme de rituels de guérison, les deux étant bien souvent liés mais pas intrinsèquement comme nous le verrons. Prendre de l'Ayahuasca s'avère surtout être un travail ardu sur soi-même. Tout comme vous le diront donc bon nombre d'utilisateurs européens de ces plantes, en particulier de l'Ayahuasca, de l'Iboga et du Peyolt, il ne s'agit nullement d'une partie de plaisir, d'un jeu, de drogues "récréatives".

Certains voyages peuvent s'avérer très traumatisants, très éprouvants pour le néophyte non averti qui ne s'est pas un tant soit peu préparé ou qui n'a pas respecté un minimum de règles préalables (comme le fait d'être à jeun, de ne pas avoir consommé de drogues ou d'alcool, de ne pas avoir entretenu des rapports sexuels avant un rituel à l'Ayahuasca) qui ne sont pas l'effet du hasard. S'il n'y a pratiquement jamais eu d'accidents ni de morts (deux ou trois sous Iboga aux USA, deux accidents mortels dans des "cures" à l'Ayahuasca aux Pays-Bas jusqu'en 1998 causés par des mélanges avec de la méthadone et des antidépresseurs et non par la plante elle-même), l'usage de ces plantes n'est pas un acte innocent. La psyché d'un occidental peut y être mal préparé « tandis que; comme le fait remarqué Michel Perrin , spécialiste de la question , "la drogue conduit les Indiens dans un paysage qui leur est familier… ". Et de préciser: " La plupart des Occidentaux tendent à considérer que ces "ailleurs" sont de simples effets des substances chimiques absorbées. Or, manifestement, il n'en est rien. Toutes les cultures pratiquant ce type de communication spirituelle disposent de termes ou de métaphores grâce auxquels leurs hallucinés peuvent décrire leurs pérégrinations dans le "monde surnaturel ": en d'autres termes, le voyage est modelé, souvent inconsciemment, par les représentations culturelles de ceux qui l'accomplissent, par l'univers de signes et de symboles qui illustrent leur mythologie. Cet "encadrement culturel" est si fort qu'à tout le moins il relègue à l'arrière-plan les effets purement chimiques de la drogue ". En d'autres termes, les Occidentaux qui ne disposent pas du bagage symbolique et culturel des Indiens risquent de développer une vraie psychose face à une expérience qu'ils ne pourront pas assimiler: " Le voyage, dans nos sociétés est infiniment moins structuré que dans les sociétés traditionnelles. Il nous est en quelque sorte "extérieur" ". Perrin ajoute par exemple sur les indiens Guajiro: " Les Guajiro considèrent donc la drogue non seulement comme une substance capable de "disloquer" leur perception normale du monde mais aussi comme un véhicule transportant à volonté le shaman dans un "ailleurs" où résident les êtres surnaturels. Dans d'autres sociétés, ce voyage sera obtenu sans drogue, au travers de techniques corporelles: danse, jeûne, immobilisation prolongée, etc. " (dans Michel Perrin, Temps Stratégique n°12 Printemps 1985). Et le plus important est que la drogue du type Ayahuasca ne recèle pas selon Perrin "un message naturel " mais est conditionné par la culture de l'individu qui la consomme: " Même dans les modifications de comportement social que provoque la drogue, le "culturel" l'emporte sur le "naturel": ainsi la fameuse amanite muscarienne (Amanita muscaria) qui suscite, dit-on, des comportements pacifiques dans la population sibérienne des Koriak, aurait été associée chez les Vikings à la "fureur berserk" (comparable à l'Amok Indonésien, épisode de folie uoltra-violente), accès de violence assassine et suicidaire culturellement déterminée ". Et enfin, dans les sociétés shamaniques, la drogue est strictement codifiée et on peut l'utiliser qu'à certains moments qu'avec certaines personnes. Aucun risque de débordement. Michel Perrin concluait en 1986 : "la drogue intello recule tandis que la drogue populaire progresse ". Une remarque sans doute toujours d'actualité mais qui ne pouvait pas prendre en compte un phénomène somme toute récent: l'usage des hallucinogènes, principalement de l'Ayahuasca dans des rituels religieux (Santo Daime, Végétalisme), "techno rave" (aux Pays-Bas avec Friends of the Forest) ou curatif (cures de désintoxication expérimentales pour cocaïnomanes et héroïnomanes au Pérou et aux Pays-Bas). La drogue "intello" à tendance psychothérapeutique a donc retrouvé une certaine vigueur à l'instar des pionniers du psychédélisme. Nous le verrons plus tard.

Les « nouvelles » religions de l'Ayahuasca

Les cultes du Santo Daime ou les Vegetalistes sont nés dans les banlieues des mégalopoles du Brésil (Sao Paulo, Rio, Belem) et sont en quelque sorte des « captations » et des adaptations des rituels originaux des tribus indiennes au christianisme et à la vie en zone urbaine comme le sont la multitude des sectes diverses et syncrétiques que sont le Candomblé (rituel qui plonge ses racines dans l'Afrique des anciens esclaves) et la religion Yoruba en général. Même les mouvements évangélistes se sont adaptés à cette spécificité brésilienne qui aime mélanger les rituels africains au chamanisme indien et au christianisme du Vatican. Le culte du Santo Daime est par conséquent une « religion » syncrétique par excellence dont l'énergie est essentiellement spiritualiste, animiste dans la mesure où ses adeptes qui vouent un culte tout particulier à Vierge Marie croient en l'omniprésence des esprits, plus particulièrement l'esprit de la « Plante », à savoir de l'Ayahuasca. La plante est considérée comme une divinité à part entière, une sorte d'ange protecteur qui guidera le voyageur dans son périple spirituel parfois déconcertant. La plante aime, protège ou parfois égare et rejette. Elle est imprévisible et omnipotente. La vierge Marie représente la divinité mère et féminine en qui le pratiquant mettra toute sa foi. Mais cette foi n'est pas exclusive et permet à tout un chacun d'y mettre son « grain de sel », son passif religieux et culturel car rien n'empêche un adepte de voyager et de vénérer une tradition bouddhique, hébraïque, musulmane. C'est sans doute ce qui fait le succès du Santo Daime dans les classes éduquées brésiliennes mais aussi à l'exportation. Néanmoins, il ne faut pas exagérer l'emprise et la taille du culte qui représente tant au Brésil qu'au niveau mondial quelques milliers de personnes tout au plus et dans la plus stricte discrétion, surtout dans les pays européens. Jusqu'au milieu des années 80, les deux principaux mouvements, le Santo Daime et les végétalistes ont pu opérer au Brésil sans interférence mais comme il fallait s'y attendre, la DEA –les autorités américaines de répression des narcotiques- ont fait pression sur le gouvernement brésilien pour faire interdire l'usage de l'Ayahuasca en mettant l'hallucinogène sur la liste des produits strictement contrôlés. Les églises ont bien entendu protesté et après quelques incidents, un comité spécial nommé par le gouvernement a été chargé d'examiner l'Ayahuasca sous l'angle d'un problème de santé publique et un problème religieux. Après avoir essayé eux-mêmes le breuvage, les membres de ce comité consultatif ont fini par donner un avis favorable à la levée de la prohibition et c'est en 1987 que l'usage sacramentel du Yage a été finalement légalisé, au grand dam de l'ambassade américaine. En ce qui concerne l'église du Santo Daime en dehors du Brésil, il en existe plusieurs « chapitres » implantés aux Etats-Unis et en Europe, notamment en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal et en Belgique. Le cas des Pays-Bas est à part puisqu'il semble acquis, après certains petits tracas que le culte bénéficie d'une aimable tolérance, comme c'est de coutume dans ce pays de la part du gouvernement central. L'église du Santo Daime est officiellement reconnue par le ministère de la santé publique des Pays-Bas et autorise par conséquent les adeptes à ingérer en toute impunité la boisson hallucinogène accompagnée d'une cigarette de cannabis (Santa Maria). Par contre, dans les autres pays, plus particulièrement en France ou en Belgique, la discrétion est vraiment de mise et le culte se méfie comme de la peste de la presse mais aussi et surtout d'une possible intervention policière pour usage en groupe de stupéfiants (le principe actif, le DMT est mis au tableau des drogues prohibées). Certains parlementaires français se sont même inquiétés du potentiel attractif que pouvait représenter « ces sectes hallucinogènes ». En effet, l'usage d'un produit stupéfiant pourrait très facilement amener les autorités à penser que les adeptes sont en quelque sorte manipulés et soumis à la suggestion d'une drogue pour amener une soumission. De telles prises de position dans les parlements ont amené plusieurs polices européennes à effectuer en octobre 1997 des opérations quasi simultanées en France, en Allemagne et aux Pays-Bas contre des lieux où se tenaient des rituels, poursuivant des individus et saisissant bien entendu l'Ayahuasca. En dépit d'une volontaire discrétion des adeptes, il est vraisemblable qu'à l'avenir, de nouvelles descentes de police aient lieu, tant qu'il n'y aura pas de législations ou de reconnaissance des autorités publiques. Tout dépendra de l'attitude des divers chapitres de l'église et de leur tendance au prosélytisme qui, à mon sens, est inexistant, les adeptes fuyant la publicité comme jamais et n'aimant pas du tout s'adonner à la conversion. On participe à des rituels par le bouche à oreille non sans que l'un fondateurs du chapitre ne s'entretienne assez sérieusement avec le candidat sur ses motivations profondes. Pas question de curiosité morbide ou de défonce à l'œil. Mise à part aux Pays-Bas et au Brésil, il y a fort à parier que la prohibition de l'Ayahuasca a encore de beaux jours devant elle puisque les autorités narcotiques américaines qui font malgré tout la pluie et le beau temps dans ce secteur d'activité ont fait savoir qu'elles désiraient grandement que l'on maintienne le breuvage hallucinogène sur la liste des produits interdits.


En ce qui concerne la manière dont ces rituels fonctionnent du moins, ceux du Santo Daime, il en existe de plusieurs sortes de temps variable (de quelques heures à une journée, voir un week-end) avec des buts différents, certains des rituels ayant une vocation mystique et méditative, d'autres ayant un but de purification et de guérison. En cela, les rituels du Santo Daime sont très proches des rituels des shamans indiens qui se focalisent sur la guérison et le soulagement de la douleur de leurs patients. Le rôle des chants dans ce genre de rituel est tout à fait fondamental puisqu'ils encadrent le voyage, ils servent de garde fou au sens propre du terme, donnant au périple une certaine cohésion et un cadre plus ou moins précis. Les chants sont très codifiés, ont un contenu religieux dédiés au culte de la vierge Marie. Ils s'agit souvent de chants assez simples, d'inspiration indienne et qui s'accompagnent à la guitare et dans certains cas (du moins aux Pays-Bas, à ce que j'ai pu voir) au Berimbau et percussions. La boisson de couleur jaune, beige parfois ambrée et d'une amertume inoubliable (ceux qui en ont pris comprendront) s'ingère en plusieurs fois (deux fois minimum) au début du rituel après une phase méditative de concentration et de prière. Gare aux séances de vomissements pour les novices. Surtout, il est important de se présenter à jeun à un rituel et de ne pas avoir consommer dans les jours précédents la séance d'autres drogues et médicaments psychotropes, surtout des antidépresseurs de type MAO. Après la première prise (en général, un demi verre), les participants font circuler un joint de cannabis pour potentialiser les effets du Yage. Ce n'est pas obligatoire ni très conseillé aux néophytes qui pourraient trop rapidement se retrouver explosés en morceaux au plafond sans comprendre une seconde ce qui leur arrive. L'expérience peut s'avérer un chouïa violente pour celui qui n'a jamais rien expérimenté. C'est une métaphore bien entendu. Ensuite, les participants se mettent à chanter et à prier en même temps, alternant les temps de silence et de chants. Il convient -c'est sans doute le plus difficile- de rester le plus digne possible au cours du rituel, qui alterne les stations debout et assises. Pas question donc de s'écrouler sur sa chaise, de se rouler à terre en appelant sa maman, de faire copain copain avec ses voisins ou de leur parler du splendide lézard qui vous entretient de votre avenir ou de l'actualité sportive. Il faut garder vos visions pour vous, aussi puissantes soient elles.

A la fin des années 90, Yatra Barbossa , une habitante d'Amsterdam d'origine brésilienne avait mis sur pied une organisation « sœur » de l'église du Santo Daime, proposant à ceux qui étaient tentés de participer à des rituels moins « formalistes »

et ayant un contenu religieux moins appuyé et encore plus syncrétique de participer à des rituels « nouvelle vague », encadré par des thérapeutes professionnels. Yatra Barbossa avait ainsi fondé l'association "Friends of the Forest" qui, tout en s'inspirant de certaines traditions du Santo Daime, tentait également de se rapprocher un peu plus des rituels shamaniques indiens de base, en faisant usage notamment d'une boisson contenant un Ayahuasca plus radical et plus « proche » de la recette originale de certaines tribus du bassin amazoniens. Au lieu de boire une boisson de couleur jaune, le Jurema de Yatra Barbossa, de couleur violette ou pourpre se voulait être plus proche des effets ressentis par les Indiens. Et selon elle, plus curatif et purificateur que mystique. Yatra voulait également recueillir de l'argent en faisant payer une somme assez raisonnable aux participants à ces rituels, argents qui servait tant à la protection du patrimoine

culturel et végétal de certaines tribus indiennes qu'à leur éducation (par la construction d'écoles dans les villages). Pour ce faire, elle emmenait une fois par an des volontaires bénévoles dans les tribus afin de concrétiser les dons financiers et aussi de participer à d'authentiques rituels. L'autre grande ambition de Yatra était de soigner les toxicomanes avec l'Ayahuasca, s'inspirant ainsi de deux exemples, celui d'un médecin français au Pérou à Takiwasi qui a fondé un centre de désintoxication pour cocaïnomanes et celui d'un ex junkie new yorkais qui s'est servi d'un autre hallucinogène puissant, l'Iboga pour entreprendre un sevrage miracle de l'héroïne.

Ayahuasca et cures de désintoxication

Tout a donc commencé en fait avec un autre produit et d'autres légendes, celle relatives à l'Iboga, une plante que l'on trouve exclusivement en Afrique de l'Ouest, plus particulièrement au Gabon auprès de l'ethnie Bitwi qui fait usage de ce produit hautement hallucinogène dans des rituels thérapeutiques de mort et de renaissance parfois très durs, psychologiquement parlant. Au début des années 60, Howard Lotsof , un héroïnomane profond prend un peu par hasard et à défaut d'autre chose de l'Iboga, une plante hallucinogène d'Afrique de l'Ouest. S'en est suivi un trip de plus de 36 heures au cours duquel il va vivre sa mort et revivre divers épisodes douloureux de son existence qui l'auraient mené à renforcer sa personnalité compulsive et son goût pour l'héroïne. Plus étonnant encore, juste après le voyage, alors qu'il est en pleine descente, il ne pense plus à prendre de l'héroïne et mieux encore ; les symptômes habituels du manque et du sevrage ne pointent pas le bout de leur nez. Stupéfait par cette découverte, Lotsof va mener alors des recherches plus précises sur l'Ibogaïne et découvrir qu'effectivement et très mystérieusement, les effets très désagréables du sevrage aux morphiniques ont disparu et que le besoin, l'envie en héroïne ont également disparu. Au milieu des années 80, Lotsof fait breveter l'usage de l'Ibogaïne dans le traitement des dépendances sévères aux morphiniques. Attention ; il ne s'agit pas d'un produit de substitution comme la méthadone qui n'est qu'un autre morphinique, plus puissant et plus stable mais plutôt une sorte de super antidépresseur qui agit de façon assez mystérieuse et bizarre sur les récepteurs de l'endorphine (ceux qui sont en déficit dans le sevrage de l'héroïnomane) et de la sérotonine. D'autre part, le patient qui ingère le produit fait une sorte de psychothérapie très concentrée, un voyage parfois très douloureux dans sa mémoire. La plupart du temps, les patients ont l'impression qu'ils vont mourir.

Des universitaires américains ou hollandais comme le professeur Charles Kaplan vont étudier de près les effets de l'Ibogaïne et donné un cadre scientifique à ces cures. Au milieu des années 90, la cure s'exporte aux Pays-Bas et une quarantaine de patients seront traités à l'Ibogaïne. Seulement, la méthode sera interrompue car l'on dénombrera deux accidents mortels. Les chercheurs hollandais vont préférer alors orienter leurs efforts de recherche vers un autre candidat hallucinogène certes moins spectaculaire pour contrer les effets du manque mais apparemment tout aussi impressionnant en matière de psychothérapie, à savoir l'Ayahuasca. C'est là qu'intervient Yatra Barbossa dont nous vous avons parlée plus haut et qui connaît le même genre d'histoire que Lotsof. Un jour de manque, Yatra, toxicomane à l'héroïne, à la cocaïne et à la méthadone, prend de l'Ayahuasca pour moins ressentir les douleurs du manque. Le trip qu'elle vit la décide à poursuivre son sevrage jusqu'au bout, un calvaire de plus de 3 semaines qui auraient selon elle duré deux fois plus longtemps avec toutes les chances de l'échec et de la rechute si elle n'avait pas pris de l'Ayahuasca. Elle est persuadée que la plante lui a sauvée la peau. Aidée par des médecins, des thérapeutes, des amis mais aussi des membres du Santo Daime, elle décide de mettre sur pied un projet, « Friends of The Forest » qui a pour but de mettre en place une méthode de sevrage efficace aux opiacées et à la cocaïne. L'association prétend également venir en aide aux tribus du bassin amazonien en organisant comme nous l'avons souligné plus haut des rituels pour ceux qui veulent faire l'expérience de l'Ayahuasca : rituel façon Santo Daime, rituel « shamanique » pour les cures et la guérison, rituel « trance » pour les amateurs d'atmosphère et de musique planante ; Yatra propose aux amateurs une « offre » assez diversifiée qui tend peut-être à la démarquer des cultes du Santo Daime et des Végétaliste. En 2004, même si le site « Friends of the Forest » existe encore, il semble que les activités de Yatra aient cessé et que les Pays-Bas ait mis un terme à l'usage de l'Ayahuasca dans les cures de désintoxication car il y aurait également eu des accidents mortels causés par des mélanges de diverses drogues avec l'Ayahuasca. Par contre, au Pérou, à la frontière avec la Colombie, le Dr Jacques Mabit , psychiatre français, poursuit avec succès les activités de son centre de désintoxication pour cocaïnomane, aidé par des vrais shamans des tribus indiennes et placés sous le contrôle de médecins et de psychiatres. Aux Etats-Unis, plus particulièrement à New York et en Californie, il semble que des centres faisant usage soit de l'Ibogaïne, soit de l'Ayahuasca proposent également leur service, offrant ainsi des méthodes alternatives peut être plus efficace que les cures classiques de substitution. Mais aussi des perspectives optimistes quant à la recherche scientifique dans ce domaine.

L'intérêt des occidentaux pour les hallucinogènes

Des gens comme Timothy Leary, Aldous Huxley ou John Lilly (qui a étudié longuement l'intelligence des cétacés) avaient l'intuition, un peu à l'instar de shamans des temps modernes que les drogues hallucinogènes recelaient d'autres vertus que le simple fait de mimer la schizophrénie (c'est ainsi que l'on considérait ces psychotropes dans les années 50) et de plonger l'usager dans une crise de démence plus ou moins agréable. John Lilly expérimenta des sessions de privation sensorielles en caisson d'isolation et ce, sous des doses massives de LSD afin de vérifier une thèse dont la teneur est bien proche de ce que formule Jeremy Narby : « vérifier sur lui-même les effets d'un voyage intérieur jusqu'au fond de ses cellules, réveiller les souvenirs de son cerveau reptilien ». Cela a donné un film de fiction de Ken Russel « Altered States » et surtout l'intense certitude que nos cellules contiennent en elles les traces et les souvenirs de nos plus lointains ancêtres simiens, voire même l'époque où nous étions des êtres monocellulaire. On pensait même que le LSD avait une influence sur l'ADN . Dans le film de Ken Russel mais également dans la croyance de John Lilly, le voyage en caisson avait pour but de faire régresser l'âme jusqu'à son niveau le plus ancien, d'abord celui de l'homme préhistorique, ensuite grâce à notre cerveau reptilien, obtenir une régression vers les premiers reptiles (encore eux ! ! !) puis vers les premiers organismes monocellulaires, enfin vers les premières énergies d'avant le Big Bang. Un sacré trip. Les travaux de ces pionniers du psychédélisme, aussi dingues furent-ils étaient financés par la CIA qui étaient à la recherche du sérum de vérité parfait mais aussi du produit qui pouvait le mieux soumettre la conscience d'un individu. D'innombrables expériences furent menées sur des sujets, le plus souvent non avertis (dans des cliniques spécialisées) ou pire encore, contraints et forcés ( des prisonniers et des Gi's) avec de nombreuses drogues extrêmement puissantes dont le LSD, le BZ (100 fois plus puissants que le LSD), la Mescaline et le DMT (voir à ce sujet les articles de Karmapolis sur Monarch et sur la psychiatrisation de la société). Ces expériences menées à la fois dans le plus grand secret par les militaires et de façon plus désinvolte sur les campus universitaires eurent pour conséquence que les drogues dites psychédéliques se répandirent comme une traînée de poudre dans la société civile américaine. Quant aux drogues narcotiques opiacées comme l'héroïne et l'opium, c'est la guerre du Viêt-Nam et une fois de plus les manœuvres occultes de la CIA (lire à ce sujet l'ouvrage très touffu d'Alfred Mc Coy , « la politique de l'héroïne » aux éditions du Lézard) qui contribuèrent à propager le trafic dans la société américaine à la fin des années 60. La cocaïne suivit exactement le même chemin avec les manœuvres de la CIA au Panama et au Nicaragua dans la lutte contre l'influence de la guerilla communiste en Amérique centrale. Il est piquant de constater que les autorités américaines qui dictent bien souvent le comportement des polices des autres nations a bien plus accentué à la fin des années 60 sa répression contre les drogues hallucinogènes comme le LSD ou le cannabis, des drogues que la contre-culture considère comme étant « Mind Expending » (croissance de la conscience) et qui sont bien souvent la chasse gardée des chercheurs militaires en matière de sérum de vérité et de Mind Kontrol. Aujourd'hui, certains auteurs estiment que la guerre contre les psychédéliques menées par les gouvernements n'a jamais pris fin. Un certain Richard Boire du groupe Internet Mind State, au cours de l'une de ces « Mind State Conference » sur les états modifiés de conscience, affirmait que le gouvernement américain avait un projet très sérieux visant à mettre au point une sorte de vaccin qui, une fois inoculé, empêcherait de façon sélective toutes les drogues de type « mind expending » ou qui apporte du plaisir, d'agir chez un individu. Un projet qui aurait été baptisé sous l'appellation de « Neuro Cops » et qui a pour but « d'emprisonner les gens dans leur réalité à 3 dimensions et 5 sens » , une vraie prison cognitive. Tout cela a l'air un peu fou et j'ai eu beau chercher sur le web et dans certains livres de référence sur le sujet du Mind Control des traces de ce projet de vaccin Neuro Cops, je n'ai trouvé aucune confirmation que ce projet un peu dingue existe. Mais bon, tout est possible. L'enjeu que représentent les drogues hallucinogènes n'est pas anodin, nous venons de le voir. Le DMT, présent dans l'Ayahuasca a été essayé aussi bien par la CIA comme sérum de vérité que par les nazis dans le camp de concentration de Dachau pendant la seconde guerre mondiale (les travaux se sont surtout focalisés sur la mescaline). La Cia n'avait fait que reprendre à son compte les travaux du Dr SS Strughold. Lorsqu'on examine l'intérêt des militaires et des services secrets pour les hallucinogènes, on ne peut s'empêcher de penser que ces produits, même et surtout parce qu'ils demeurent prohibés à quelques exceptions près représentent un enjeu et donc un pouvoir pour la conscience humaine. L'Ayahuasca représente donc une substance encore très mystérieuse, peut être très prometteuse si les crédits suffisants sont bien entendu alloués aux chercheurs et aux médecins et pas seulement aux militaires. Une preuve encore de l'intérêt des sociétés pharmaceutiques pour la plante sacrée : les tentatives américaines de s'arroger le brevet de l'Ayahuasca. Ainsi plusieurs sociétés comme « the International Plant Medicine Corporation" (brevet PPA# 5751) ou encore la UShaman Pharmaceutics déposent des brevets sur différentes variantes de la boisson sacrée comme le "Sangre de Drago" (sang du dragon) appartenant à une ethnie indienne de l'Equateur. Les Indiens ne se sont pas laissés faire et aidés par plusieurs anthropologues, ils ont pris des avocats et ont réussi, pour l'instant, à contrer ces tentatives d'appropriations commerciales qui sont considérées par les anthropologues et les indiens comme du vol et de l'escroquerie pur et simple. Le "Coordinating Committee of Native Organizations of the Amazon Bassin" (COICA) est devenu l'organisation équatorienne phare chargée de défendre les droits des Indiens et d'empêcher que le brevet qui avait des effets jusqu'en 2003 uniquement sur le territoire américain ne contraignent d'une part les populations indigènes à devoir verser des Royalties mais aussi que des multinationales pharmaceutiques tirent des profit de ressources qui appartiennent aux Indiens. Les gens de la COICA ont alors déclaré que le personnel de la firme pharmaceutique américaine n'était pas le bienvenu en territoire indien. Le Département d'Etat américain a pris cette réaction au pied de la lettre, comme une menace, une sorte de déclaration de guerre et a même menacé le gouvernement équatorien de sévères sanctions économiques si les Indiens ne reconnaissaient pas la propriété intellectuelle des brevets déposés par l'International Plant Medecine Corporation. Pour encore mieux affirmer sa position capitaliste, les Etats-Unis ont refusé de signer à la fin des années 90 la convention des Nations Unies sur la diversité biologique qui reconnaît expressément aux populations indigènes leurs droits à la propriété intellectuelle des plantes, breuvages et médicaments traditionnels dont ils font usage depuis toujours. Car tout cela représente une manne plus que providentielle, sans doute l'avenir de la pharmacologie, pour l'industrie pharmaceutique américaine et mondiale. De tels démonstrations de force un peu virile démontrent à celui qui en doutait que l'enjeu n'est pas anodin, mais qu'il est sans doute énorme. On sait que l'Ayahuasca présente un intérêt réel mais encore méconnu et mal exploré dans le domaine de la psychothérapie et dans celui de la désintoxication et de la lutte contre les assuétudes. On a mis en évidence grâce aux travaux du Pr Charles Kaplan que l'Ayahuasca avait un effet antidépresseur en régulant vers le haut le taux de sérotonine, ce qui peut représenter un atout certain dans le cadre de certains types de dépression. On en est à toujours aux spéculations sur le chapitre relatif à la façon dont le shamans font usage du tabac et de l'Ayahuasca pour faire leur travail de diagnostic très efficace sur leurs patients. Bref, le Yage représente un challenge tout à fait passionnant pour les médecins, les pharmacologues, les ethnologues et les botanistes, un challenge qui les contraint à changer leur outil d'investigation scientifique, leurs méthodes sans doute trop conventionnelles. Nous verrons dans les prochains volets que d'autres substances comme la Mescaline ou le LSD incarnent également de nouveaux défis pour les scientifiques. Que les hallucinogènes ne peuvent pas être considérés comme de vulgaires drogues récréatives ou destructrices. Quittons maintenant le terrain des constatations, des hypothèses et de la science spéculative et laissons la place maintenant aux récits personnels en guise de conclusion !
>> troisième partie : quelques témoignages


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MessagePosté le: Mer 27 Oct - 14:08 (2010)    Sujet du message: Publicité

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